Bionique  

Bioluminescence

Champignons lumineux

Les champignons sont capables de produire eux-mêmes leur bioluminescence (processus biochimique), sans avoir recours à une relation symbiotique avec des bactéries luminescentes.

La bioluminescence des champignons (Fungi) est située sur leurs lamelles, sous le champignon ou bien sur le mycellium, la partie souterraine. En mycologie, les lamelles des champignons basidiomycètes sont la structure porteuse de leurs spores.

La bioluminescense présentée par certains êtres vivants, dont des bactéries , est due à l’émission de photons par des molécules organiques les luciférines) excitées à la suite d’une réaction d’oxydation catalysée par une enzyme (luciférase).

Ce champignon émet par en dessous une luminescence verte.  JPEG - 44.4 ko
Bioluminescence de l’Agaric de l’olivier
Ce champignon émet par en dessous une luminescence verte.

Dans le cas des champignons lumineux, l’oxydation du substrat est précédée d’une réduction : la luciférine est la flavine mononucléotide réduite. Son oxydation par l’oxygène produit de la flavinemononucléotide excitée qui est très luminescente. La présence d’oxygène est indispensable pour la production de luminescence.

Par les nuits sans lune, on repère L’Agaric*, ou pleurote, ou clitocybe de l’olivier, Jack O’Lantern mushroom, Omphalotus olearius, doucement luminescent dans l’obscurite. L’agaric émet une luminescence verdâtre seulement par dessous, sur les lamelles de sa face inférieure. Il vit à la base des troncs d’arbre ou sur le bois mort des souches. Sa bioluminescence est due à la présence de luciferases.

Pendant la journée l’agaric est de couleur orange et pourrait être confondu avec des girolles ou chanterelle Cantharellus cibarius par un promeneur imprudent. Attention, l’agaric, si vous le consommiez, vous rendrait très malade. Si vous ramassez délicatement quelques specimen dans un sac en plastique transparent, de retour chez vous, dans l’obscurité la plus totale, lorsque vos yeux se seront adaptés vous pourrez voir la luminescence du champignon. Mais ne le laissez pas toucher à mains nues par des enfants. Qu’ils regardent sans toucher.

L'agaric de l'olivier vu à la lumière du jour à la base d'un tronc d'arbre. Ne le cueillez pas : il transforme le bois pourri en humus, il est indispensable à l'équilibre du sol mais il est toxique même s'il sent bon.  JPEG - 50.2 ko
Agaric de l’olivier
L’agaric de l’olivier vu à la lumière du jour à la base d’un tronc d’arbre. Ne le cueillez pas : il transforme le bois pourri en humus, il est indispensable à l’équilibre du sol mais il est toxique même s’il sent bon.

Dans les régions de l’Est de l’Amérique du Nord, le champignon Omphalotus illudens, toxique lui aussi, émet une bioluminescence verte quand il est frais.

Panellus stipticus ou luminescent Panellus, décrit par le mycologue Pierre Bulliard et nommé Agaricus stypticus. La bioluminescence verte est localisée sur les lamelles.

La luminescence est localisée sur les lamelles à la face inférieure du champignon.  JPEG - 506.5 ko
Bioluminescence de Stipticus
La luminescence est localisée sur les lamelles à la face inférieure du champignon.

Panellus stipticus est utilisé en phyto-rémédiation ou mycoremédiation pour sa capacité à nettoyer des environnements gravement pollués (à condition que ce ne soit pas pollué par des fongicides). Les champignons en général favorisent le travail des bactéries qui utilisent le mycelium comme une sorte de réseau à travers lequel elles peuvent circuler. C’est sur le même principe de décomposition par des micro-organismes que fonctionne la fermentation du compost.

Morphologie de base d’un champignon. Celui-ci se compose en effet d’une partie végétative et d’une partie reproductrice. Ce que l’on appelle communément « champignon » est la partie reproductrice qui sert à produire les spores. Les champignons que l’on cueille sont donc l’équivalent du fruit des plantes supérieures. La partie végétative, le mycélium, est habituellement invisible. Ce sont les « réseaux de filaments blancs » que l’on retrouve en creusant dans le sol et aussi dans le bois pourri.

Il y a deux catégories de champignons luminescents. Pour la première, la lumière est produite par la portion reproductrice, le « champignon » comme tel. Le clitocybe en est un exemple.

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Champignon clytocybe ou Agaric

Pour la seconde catégorie, la lumière est émise par le mycélium, donc la portion végétative. La lumière est visible quand le mycélium n’est plus dissimulé, par exemple quand l’arbre mort tombe. Le mycélium peut se ramifier sur une grande surface et l’illumination peut être substantielle. Le champignon basidiomycète l’armillaire couleur de miel, Armillaria melea, est un exemple de champignon dont le mycélium est luminescent.

Sur ces débris de bois mort, le mycelium du champignon armillaire devient bioluminescent dans l'obscurité. Ce n'est pas le bois lui même mais les filaments microscopiques du champignon qui émettent de la luminescence.  JPEG - 41.1 ko
Bois mort lumineux dans l’obscurité
Sur ces débris de bois mort, le mycelium du champignon armillaire devient bioluminescent dans l’obscurité. Ce n’est pas le bois lui même mais les filaments microscopiques du champignon qui émettent de la luminescence.

Gerronema viridilucens, agaric de la famille des Marasmiaceae, est un champignon capable de produire sa propre luminescence aussi bien dans son mycelium que dans son sporophore. Ce fungus a été repéré au Brésil.

Mycena luxaeterna

Mycena fera

Neonothopanus gardneri

Neonothopanus gardneri est un fungi (le nouveau nom scientifique des champignons) luminescent dans l'obscurité totale.  JPEG - 23.1 ko
Champignon luminescent
Neonothopanus gardneri est un fungi (le nouveau nom scientifique des champignons) luminescent dans l’obscurité totale.

(...)O Neonothopanus gardneri é o maior fungo bioluminescente do Brasil e um dos maiores do mundo.(...)

Voir aussi :

  • List of bioluminescent fungi sur wikipedia en anglais.
    * D’autres noms, aujourd’hui peut-être obsolètes, pour le champignon agaric : Omphalotus illudens, Clitocybe illudens,
Mais il a une forme singulière. Il s'appelle le clathre rouge Clathrus ruber.  JPEG - 78.7 ko
Ce champignon n’est pas luminescent
Mais il a une forme singulière. Il s’appelle le clathre rouge Clathrus ruber.

Des livres, sur le sujet de la bioluminescence et les organismes lumineux, à commander chez votre libraire ou bien à consulter dans les bibliothèques de prêt :

  • « Le monde lumineux des océans » de Catherine VADON, océanographe maître de conférences spécialisée dans la diffusion des connaissances au Museum National d’Histoire Naturelle.
    Livre de Catherine VADON, édité chez Belin en 2010, disponible à la librairie du Museum National d'Histoire Naturelle de Paris.  JPEG - 40.1 ko
    Le monde lumineux des océans
    Livre de Catherine VADON, édité chez Belin en 2010, disponible à la librairie du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris.
  • « Les animaux phosphorescents » écrit par Anita Ganeri, illustré par Obin, Roger Stewart et Peter Sarson, traduit de l’anglais par Nicolas Dupin (titre original : « Creatures that glow »), Editions Epigones, 1996.
    le titre original du livre d'Anita Ganeri est « Creatures that glow », ce qui est plus exact que « phosphorescents ».  JPEG - 40.2 ko
    Les animaux phosphorescents
    le titre original du livre d’Anita Ganeri est « Creatures that glow », ce qui est plus exact que « phosphorescents ».
 

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