Bionique  

Symbiose dans le sol

Mycorhise des arbres

les champignons mycorhisiens des arbres

Privés de leurs champignons mycorhisiens, cèpes, girolles, chanterelles etc... les arbres seraient incapables de pousser avec vigueur et resteraient chétifs...

Le mycelium en réseau autour des racines leur apportent les sels minéraux et l'eau nécessaires à la vie des arbres.  JPEG - 35.3 ko
Mycorhise sur racines d’arbre
Le mycelium en réseau autour des racines leur apportent les sels minéraux et l’eau nécessaires à la vie des arbres.

Ce sont les champignons mycorhisiens qui font transiter l’eau et les sels minéraux vers les racines et c’est ce qui permet aux arbres de devenir grands et beaux. Champignons et arbres sont unis par les liens d’une symbiose souterraine. Les sols vivants, riches en matière organique, résultent de cette symbiose (la mycorhise) entre le mycelium des champignons du sol et les racines des arbres.

Dans une forêt où les arbres sont vigoureux, grands et solides, ils ne reçoivent ni engrais, ni pesticides, on ne les arrose pas, on ne les taille pas, on n’enlève pas leurs feuilles mortes et ils bénéficient pourtant d’un sol riche. L’une des vertus majeures des arbres : améliorer les sols, par leur présence et celle de leurs champignons symbiotes. (Francis Hallé, « Du bon usage des arbres, un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques »,p. 33, Domaines du possible, Actes Sud 2011).

Les racines de la plupart des plantes sont porteuses de mycorhise. Et les champignons mycorhiziens (c’est-à-dire ceux qui peuvent former des mycorhizes : ils sont nombreux) ne nous sont pas forcément inconnus : cèpes, girolles, chanterelles, truffes sont les fructifications de mycéliums capables de créer des mycorhizes avec les espèces végétales pour lesquelles ils ont une affinité (raison pour laquelle on dit qu’on trouve tel champignon préférentiellement au pied de tel ou tel arbre, par exemple la truffe sous le chêne).

Les plantes développent des mycorhizes avec généralement plusieurs espèces de champignons, soit de façon séquentielle, soit de façon simultanée. Certains groupes de plantes ne forment des mycorhizes qu’avec certains groupes de champignons bien précis, inversement, d’autres champignons ont la faculté de coloniser les racines de presque toutes les plantes.

Les mycorhizes se forment de la manière suivante : le mycélium « explore » le sol à la recherche d’une racine qui lui convient, et une fois qu’il a repéré sa présence grâce aux hormones végétales sécrétées par la racine, il développe un réseau très ramifié de filaments en direction de la racine, et en colonise la surface avant de pénétrer à l’intérieur du cortex racinaire (il est incapable de pénétrer au-delà du cortex et ne peut donc pas gagner les vaisseaux de la plante, contrairement aux champignons pathogènes vasculaires qui remontent jusque dans les parties aériennes). La mycorhize est créée et prête à fonctionner : elle est destinée à être le siège d’échanges chimiques entre symbiote (champignon) et hôte (plante).

Par exemple, grâce à son système végétatif, le mycelium, la truffe, ascomycète hypogé, va se chercher son arbre nourricier, un chêne.
Image de « cochon truffier » par Robert Vayssié.

Le flair du cochon lui permet de sentir les truffes dans le sol sous certains chênes..  JPEG - 106.4 ko
Cochon truffier
Le flair du cochon lui permet de sentir les truffes dans le sol sous certains chênes..

Le chêne (vivant ou mort) est l’arbre qui abrite le plus grand nombre d’espèces d’insectes. Il accueille aussi de nombreux organismes épiphytes dont bryophytes et lichens (ici Peniophora quercina et Xanthoria parietina accompagnés d’un champignon (violet)

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Bois de chêne porteur de lichens et de champignons
 

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