Bionique  

Equilibre

Planter des arbres

pour pallier à la désertification

BIONIQUE : Petit observatoire des inventions de la nature :

Le reverdissement du Sahel, au sud de Dakar (Sénegal) mobilise des initiatives intéressantes.

Jeune plant de manguier.  JPEG - 14.6 ko
Plantation d’arbres au Sahel
Jeune plant de manguier.

Jacques Gasc, ingénieur agronome à Grenoble, spécialiste en hydraulique agricole africaine, a stimulé l’arboriculture saharienne. Il a mis au point un procédé de replantation intéressant et efficace : une gaine en plastique, entièrement biodégradable, de 1m à 1m20 de longueur, fermée à son extrémité et percée de trous sur un côté, puis remplie de sable, est disposée dans le trou creusé pour planter un arbre.

Le tube rempli de sable et installé dans le trou de plantation, à côté des racines du jeune plant, puis abreuvé 3 fois par semaine, évite le choc hydrique.  JPEG - 31.2 ko
Plantation avec « Irrigasc »
Le tube rempli de sable et installé dans le trou de plantation, à côté des racines du jeune plant, puis abreuvé 3 fois par semaine, évite le choc hydrique.

Les racines de ce jeune plant sont humidifiées en permanence par l’eau apportée dans la gaine, à raison d’un litre, trois fois par semaine.

Ces gaines dites « Irrigasc » sont fabriquées à Dakar. L’eau, descendant progressivement au fond de la gaine, est suivie par les racines qui s’implantent ainsi en profondeur et atteignent une terre plus riche en matières organiques et donc plus fertile.

  JPEG - 48.3 ko
Jeune plant de manguier à côté de son tube d’irrigation

Ces plantations se déploient au sud de Dakar : 500 000 arbres ont été plantés en 2005. L’objectif est de 1 million d’arbres pour 2007, soit la possibilité de rendre 10 000 familles auto-suffisantes, car les manguiers ainsi plantés peuvent donner jusqu’à 400 kilogs de fruits par arbre et par an.
Les feuilles du manguier sont connues, notamment au Sénégal, pour leurs propriétés antiseptiques.

Les arbres ainsi plantés, dès lors que leurs racines sont suffisantes, n’ont plus besoin d’être arrosés après deux ans et les récoltes débutent dès la quatrième année.

Pour bénéficier d’un financement de départ, les agriculteurs s’engagent à protéger leurs champs avec une barrière d’épineux, pour que les animaux ne puissent pas y pénétrer, et à creuser ou remettre en état un puit traditionnel.

A Keita, au Niger, des femmes plantent des jeunes manguier dont les racines stabiliseront le sol sableux.  JPEG - 55.5 ko
Manguiers à Keita (Niger).
A Keita, au Niger, des femmes plantent des jeunes manguier dont les racines stabiliseront le sol sableux.

Les quantités d’eau nécessaire à l’arrosage sont modestes, comparées à l’arrosage traditionnel sous des températures pouvant atteindre 45°. L’évaporation est évitée et les racines descendent en profondeur, jusqu’à vingt mètres parfois, au lieu de s’étaler lorsque l’humidité ne reste qu’en surface et pour un temps limité.

 

Répondre à cet article